Quand l’enthousiasme devient épuisant

On associe souvent le stress à la pression, à la peur ou à la surcharge.

Mais il existe une forme de stress plus insidieuse : celle qui naît de l’enthousiasme.

Le genre de stress qu’on ne voit pas venir, parce qu’on est trop occupé à être heureux.

Ce stress-là apparaît quand on vit quelque chose de profondément stimulant — un projet qui nous passionne, un moment qu’on attend avec joie, une opportunité enthousiasmante.

L’énergie est belle, positive, mais intense. Et notre système nerveux, lui, ne fait pas la différence entre l’excitation et la peur : physiologiquement, ce sont les mêmes circuits qui s’activent.

Alors, cette belle excitation finit parfois par nous laisser en gueule de bois (merci le cocktail d’hormones de stress!).

Deux faces d’un même mécanisme

Excitation et stress partagent le même fonctionnement biologique : une activation du système nerveux sympathique, la libération d’hormones du stress (adrénaline et cortisol), une mise en tension du corps et une vigilance accrue.

La différence entre les deux dépend moins du contexte — agréable ou non — que de l’intensité et de la durée de cette activation.

Quand elle dure trop longtemps, cette montée d’énergie finit par se retourner contre nous :

le corps se crispe, la respiration devient plus courte, le mental s’emballe.

Le plaisir se transforme alors en tension.

Autrement dit, le corps ne distingue pas le *« je suis surexcité·e »* du *« je suis sous pression »*.

Il réagit simplement à une surcharge d’énergie.

Quand la passion nous fait oublier nos besoins

C’est souvent dans ces moments d’enthousiasme que l’on oublie de s’écouter.

On se laisse absorber par ce qu’on fait, porté par l’élan du plaisir ou de la concentration.

Et sans s’en rendre compte, on saute une pause, on retarde le moment d’aller boire un verre d’eau ou d’aller aux toilettes, on retient sa respiration, on oublie de s’étirer.

Cela m’arrive parfois quand je prépare une conférence ou un atelier.

Je suis habitée par une énergie joyeuse, animée par l’envie de transmettre, de rassembler, de créer.

Mais cette absorption a parfois un prix : à force d’être connectée à ce que je fais, je me déconnecte un peu de moi.

Et mon corps, lui, finit toujours par me le rappeler.

Même une belle énergie, quand elle n’est pas régulée, finit par saturer.

Les signaux qui indiquent que le corps s’emballe

Les signaux précoces, plus subtils, passent souvent inaperçus — ou on se dit qu’on s’arrêtera ‘dans cinq minutes’… avant d’enchaîner encore une heure.

  • la respiration qui devient plus superficielle ou irrégulière,

  • le diaphragme ou le ventre qui se nouent, les épaules qui se crispent,

  • la nuque ou le dos qui deviennent douloureux,

  • une légère pression à la tête qui s’installe,

  • on sent la soif, ou l’envie d’aller aux toilettes depuis un moment déjà, mais on repousse.

Puis viennent les signaux plus tardifs, ceux qu’on remarque quand on s’arrête enfin :

la difficulté à décrocher du sujet, ou alors nos pensées qui partent dans tous les sens, la difficulté à se détendre ou à s’endormir.

Apprendre à s’écouter, c’est aussi apprendre à repérer ces signes avant qu’ils ne deviennent trop forts.

Le corps ne cherche pas à freiner notre élan, il cherche simplement à préserver notre équilibre.

Se réguler sans éteindre l’élan

Réguler ne veut pas dire « redescendre » ni « casser la dynamique ».

C’est simplement offrir à l’énergie la possibilité de circuler.

Voici quelques pratiques simples qui aident à garder cette vitalité vivante, sans la laisser se transformer en tension :

Faire de courtes pauses conscientes

Lever les yeux de l’écran et observer notre environnement, se lever pour bouger un peu le corps, s’étirer.

Respirer profondément

Porter notre attention sur notre respiration, prendre quelques profondes inspirations, ouvrir une fenêtre pour s’oxygéner.

Revenir à soi par la question : “De quoi ai-je besoin là maintenant ?”

Parfois c’est une gorgée d’eau, parfois un moment pour bouger, ou juste quelques minutes de silence en regardant le paysage.

Varier les rythmes

Alterner focus et détente, activité mentale et corporelle.

Fermer les yeux quelques secondes

Reposer nos yeux — ce sens particulièrement stimulé — et laisser le mental ralentir.

Ces gestes peuvent sembler anodins, mais ils rétablissent le lien entre le corps et l’esprit.

Ils permettent à l’énergie de rester fluide et nous évitent de finir en cocotte-minute.

Je le remarque aussi dans des contextes plus légers, comme une soirée entre amis.

Quand je me laisse emporter par l’ambiance, pleine de joie et de discussions passionnantes, il m’arrive de rentrer vidée.

Pas à cause des autres, mais parce que je me suis déconnectée de moi, j’ai retenu ma respiration sans m’en rendre compte, me suis retenue d’aller faire pipi pour ne pas interrompre une discussion, ou simplement de prendre un instant pour checker comment je me sentais.

Accueillir toutes les intensités

Notre énergie, qu’elle vienne de la joie ou du stress, parle le même langage.

Ce n’est pas son intensité qui nous épuise, mais notre manière de la vivre.

Apprendre à s’écouter, c’est aussi apprendre à accueillir la joie sans se laisser submerger par elle.

Ralentir n’est pas s’éteindre.

C’est simplement permettre à la vie en nous de continuer à circuler.

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